Comment Facebook, la désinformation et les lacunes juridiques plongent les femmes nigérianes dans le piège de la maternité de substitution

Simbiat Bakare, DUBAWA, Naija Feminists Media
27 Septembre 2025

 

Une photo de Temitope Afolabi, mère porteuse au Nigeria. Crédit photo DUBAWA

 

Lorsque Temitope Afolabi a appris que son mari risquait la prison pour une dette de 48 millions de nairas contractée à la suite d’une mauvaise affaire, elle a décidé de devenir mère porteuse afin de réunir les fonds nécessaires pour le sauver. Au départ, elle avait envisagé de vendre l’un de ses reins, mais, faute d’acheteur, elle s’est tournée vers la maternité de substitution. La maternité de substitution est une forme de procréation médicalement assistée dans laquelle une femme (la mère porteuse) porte un enfant pour le compte d’un tiers, le [client]. Généralement, la mère porteuse est rémunérée dans le cadre d’un contrat commercial.

Le secteur mondial de la maternité de substitution est estimé à 22,4 milliards de dollars, mais les Nations unies considèrent cette pratique comme une forme de violence à l’égard des femmes et des filles. Au Nigeria, la maternité de substitution est de plus en plus courante. Des célébrités telles que Nancy Umeh, Ini Edo et Chimamanda Adichie y ont eu recours. L’influenceuse lifestyle Ife Agoro prévoit aussi d’utiliser une mère porteuse, et ce, quelles que soient les conséquences pour sa santé.

Mais que pensent les mères porteuses du pays le plus peuplé d’Afrique, et comment cette pratique s’est-elle autant répandue ? J’ai suivi le parcours de Temitope, de la grossesse jusqu’à la période postnatale, à travers une conversation sur Facebook Messenger, au cours de laquelle elle m’a confié son expérience. Plus tard, je l’ai rencontrée pour obtenir davantage de détails.
Temitope est devenue mère porteuse en mai 2024. Elle a reçu environ 2 233 000 nairas (soit 1 392,06 Euro au 2 Apr, 01:01 UTC), ce montant comprenant les frais de transport, l’indemnité de logement, les frais d’accouchement et l’indemnité vestimentaire.

Une infographie présentant le détail du plan de paiement de Temitope. Crédit photo: DUBAWA via Temitope.

Son salaire ne reflétait toutefois pas les réalités économiques du Nigeria. L’indemnité de transport de 3 000 nairas qui lui était versée ne suffisait pas à couvrir ses frais de déplacement. Résidant à Sango Ota, près d’Oju Ore dans l’État d’Ogun, elle devait parcourir 41,9 kilomètres pour se rendre dans son centre de soins à Ikorodu.

Si son indemnité de transport a été revue à la hausse, pour passer à 5 000 nairas (soit 3,12 euros au 2 Apr, 01:01 UTC) suite à plusieurs plaintes, à condition toutefois qu’elle se rende dans une clinique d’Ikeja, dans l’État de Lagos. En larmes, Temitope assure qu’elle devait toujours ajouter 1 000 nairas à ses frais pour couvrir la différence de frais de transport, tout en endurant le stress occasionné par ces trajets plus longs. Une fois son loyer payé, il ne lui restait pratiquement plus assez d’argent pour se nourrir et régler les frais de scolarité de ses enfants.

Émue aux larmes alors qu’elle raconte son expérience, sa voix se durcit lorsqu’elle mentionne que son agent a empoché 450 000 nairas (soit 280,53 euros au 2 Apr, 01:01 UTC) de la part du couple [commanditaire] pour la prise en charge de frais logistiques, prétextant notamment qu’ils s’étaient rendus à l’hôpital en Uber.

« Les Nigérians sont des profiteurs », explique-t-elle d’une voix rauque. « Ils exploitent les gens quand ils traversent une période difficile. Ils ne se soucient absolument pas du stress lié à la grossesse, aux nausées et à tout le reste. Ils nous traitent comme des esclaves, car ils estiment que si nous ne le faisons pas, quelqu’un d’autre le fera ».

Bien que Temitope ait été informée dès le départ du plan de rémunération, elle n’a pris connaissance des conditions générales que bien plus tard. Son contrat, daté du 26 août 2024, lui a été remis pour signature alors qu’elle était déjà enceinte de trois mois. Il comprend une clause relative au décès stipulant qu’elle comprend qu’elle court le risque de mourir. Un reportage de la BBC souligne que le Nigeria est le pire pays où accoucher, un décès survenant toutes les sept minutes. Par ailleurs, le contrat de Temitope stipule que seuls le [commanditaire] et le médecin peuvent décider de la marche à suivre si la grossesse nuit à sa santé. Il lui est également interdit de s’adresser aux médias.

 

Consulter le contrat de Teminope

 

Pendant deux semaines de son expérience de mère porteuse, Temitope n’a pas eu le droit de quitter son domicile ni de consommer certains aliments: nouilles, oranges, ananas, boissons minérales et tout ce qui est épicé. Elle était aussi tenue de se rendre régulièrement à l’agence, même lorsqu’elle n’en avait pas envie ou alors que son enfant était malade.

Après avoir accouché le 24 février 2025, Temitope a souffert de plusieurs complications médicales. Son cycle menstruel est passé à trois fois par mois, elle présentait un fibrome et des kystes ovariens, et souffrait souvent de vertiges. Lorsqu’elle s’en est plainte, son agent lui a répondu que la prise en charge médicale post-partum prenait fin après six semaines.

« Je me sens utilisée, stupide et déprimée », dit Temitope, exprimant ses regrets d’avoir été mère porteuse. « En fin de compte, mon mari est quand même allé en prison le 18 décembre 2024 ».
Tout comme Temitope, une autre mère porteuse à qui j’ai parlé a fait état de problèmes de santé après l’accouchement. Cette étudiante de l’université de Bénin, qui souhaite conserver l’anonymat, a donné naissance à des jumeaux en tant que mère porteuse. Elle a expliqué que son rétablissement après l’accouchement avait été difficile et qu’elle avait dépensé la moitié de la somme qui lui avait été versée uniquement pour se remettre sur pied.

Selon le Dr Sunday Olarenwaju, directeur général de l’hôpital Mère-Enfant, les grossesses gémellaires sont dangereuses.

Dr Sunday Olarenwaju, directeur général de l’hôpital Mother and Child à Omole, Lagos. Crédit photo: DUBAWA.

Il a expliqué que plus une femme porte d’enfants, plus le risque d’être exposée à des maladies est élevé, notamment l’hypertension, les hémorragies, voire le décès. Les chercheurs ont également démontré que lorsqu’une femme porte un embryon sans lien génétique avec elle, elle est plus susceptible de développer des problèmes placentaires et une prééclampsie, entre autres affections.
« Les Nigérians ne comprennent pas », a déclaré Temitope, expliquant qu’elle avait un jour tenté de faire part de ses inquiétudes concernant le sort des mères porteuses sur les réseaux sociaux. « Ils disent que nous avons donné notre accord. Sans problèmes financiers, qui accepterait une telle chose? Personne ne se bat pour nous », a-t-elle ajouté d’une voix résignée.

La complicité de Meta dans l’essor de la maternité de substitution au Nigeria

Bien que les mères porteuses avec lesquelles j’ai discuté appartiennent à tranches d’âge différentes, elles ont toutes un point commun: elles font partie du groupe Facebook « Egg donor and surrogate mother in Nigeria » (Donneuses d’ovules et mères porteuses au Nigeria). Créée le 5 janvier 2023, cette communauté compte plus de 4 800 membres en l’espace de deux ans.

Une image indiquant le nombre de membres du groupe au 5 mai 2025. Crédit photo: DUBAWA.

Tous les jours, d’innombrables annonces de maternité de substitution inondent le groupe. Certaines annonces encouragent à prendre contact par message privé (Facebook Messenger) et WhatsApp.

Meta est la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Cette multinationale technologique compte environ 3,8 milliards d’utilisateurs actifs par mois sur ses applications et dispose d’une charte communautaire régissant ses plateformes.

Son propre site indique que la société a « la responsabilité de promouvoir le meilleur de ce que les gens peuvent faire ensemble en assurant leur sécurité et en prévenant les préjudices ». Ses normes communautaires, qui régissent les publicités sur Facebook, interdisent également les contenus facilitant l’exploitation humaine, notamment la vente d’enfants et l’exploitation par le travail.

J’ai donc contacté Meta via l’adresse e-mail dédiée aux journalistes. Je leur ai demandé s’ils considéraient la maternité de substitution comme une forme d’exploitation humaine et, dans l’affirmative, pourquoi des groupes tels que « Donneuses d’ovules et mères porteuses au Nigeria », qui facilitent la maternité de substitution pour des femmes comme Temitope, existaient. Le géant de la technologie a supprimé le groupe et répondu:

« Les publicités et les groupes qui exploitent des personnes par le biais de la vente ou de l’adoption illégale d’enfants enfreignent nos politiques, et nous supprimons ce contenu dès qu’il est détecté – comme nous l’avons fait dans ce cas ». 

Une image du groupe « Egg donor and surrogate mother in Nigeria » supprimé par Meta à la suite de cette enquête. Source de la photo: DUBAWA.

Cependant, Olivia Maurel, porte-parole de la Déclaration de Casablanca, une organisation non gouvernementale internationale œuvrant pour l’interdiction universelle de la maternité de substitution, a recommandé que, au-delà de la suppression de ces groupes, Facebook mette en place une politique visant à surveiller et à interdire toute forme de publicité en faveur de la maternité de substitution dans les régions vulnérables telles que le Nigeria.

Le règne de la désinformation

Au-delà de ses règles contre l’exploitation humaine, Meta explicite clairement son intolérance vis-à-vis de la désinformation. Pourtant, les conversations avec des agents de maternité de substitution sur WhatsApp sont souvent faites de demi-vérités, de mensonges purs et simples ou de dissimulations visant à recruter des femmes.

J’ai moi-même vécu une telle expérience lors d’un échange avec une agente de maternité de substitution, Omobolanle Oguntolu, sur WhatsApp. J’ai trouvé son annonce pour la maternité de substitution sur Facebook dans le groupe « Surrogate Mothers Nigeria », qui compte plus de 5 000 membres. Elle avait ajouté son numéro de téléphone à la publication afin que les mères porteuses intéressées puissent la contacter via son agence, Regal Surrogate Services. 

De gauche à droite: le groupe « Surrogate Mothers Nigeria » et une publicité pour « Regal Surrogate Services ». Source de la photo: DUBAWA.

J’ai signalé le groupe « Surrogate Mothers Nigeria » à Meta, qui l’a supprimé. Cependant, lorsque j’ai contacté Omobolanle sur WhatsApp au sujet de la maternité de substitution, elle a affirmé avoir aidé plus de 35 femmes à devenir mères porteuses.

Elle m’a dit que je serais payée environ 2 243 000 nairas (soit 1 398,29 euros au 2 Apr, 01:01 UTC) et m’a envoyé un détail du paiement. 

Représentation sous forme d’infographie du détail du plan de paiement de 2 243 000 nairas. Crédit photo: DUBAWA.

J’ai essayé de négocier un montant plus élevé avec elle et d’autres agents, mais j’ai rapidement découvert qu’il s’agissait d’une offre à prendre ou à laisser. Une agente de substitution, qui s’est simplement présentée sous le nom de Sophia, m’a fait part d’une mise en garde concernant l’offre financière qu’elle m’avait faite. « Veuillez lire attentivement les règles et les conditions du plan de paiement ; aucune réclamation ne sera acceptée une fois le contrat signé ».

Je suis retournée voir Omobolanle. Je lui ai dit que c’était la première fois que je faisais une gestation pour autrui et qu’elle devait m’expliquer tout ce que j’avais besoin de savoir. Elle m’a répondu qu’à part le paiement, il n’y avait pas grand-chose d’autre, mais elle m’a proposé de répondre à toutes mes questions.

« Comme c’est votre première fois, vous devez comprendre dans quoi vous vous engagez », m’a-t-elle dit.

Mais quand je lui ai demandé dans quel hôpital je serais prise en charge en tant que mère porteuse, elle m’a répondu que c’était confidentiel et qu’elle ne me donnerait pas de détails avant que je ne sois en route pour m’y rendre. Perplexe, je lui ai demandé comment je pourrais me renseigner sur l’hôpital où se jouerait mon destin ; elle m’a répondu que je ne le pouvais pas. Je lui ai demandé ce qui se passerait si je souffrais de complications pendant la grossesse ou si je venais à décéder. À ma grande surprise, elle m’a donné une « garantie de sécurité à 100 % ».

Jumoke Falade, infirmière praticienne à l’hôpital universitaire de l’État de Lagos, s’est dite consternée que la maternité de substitution soit qualifiée de « sûre » et qu’elle comporte des risques liés à la grossesse, pouvant aller jusqu’au décès.

Omobolanle a également affirmé qu’en tant que mère porteuse, je mettrais le bébé au monde par césarienne, car c’était « mieux et plus sûr » qu’un accouchement naturel. Cependant, Olarenwaju, qui est également gynécologue à l’hôpital Mother and Child, explique que l’accouchement naturel, et non la césarienne, est préférable pour une mère porteuse, car il permet une récupération post-partum plus rapide et ne laisse pas de cicatrice.

En outre, le professionnel de santé a précisé que la maternité de substitution n’était pas limitée à l’utilisation de l’utérus de la femme.

« Les poumons de la femme sont utilisés pour aider le bébé à respirer. Le sang sert à la circulation, et les nutriments provenant du corps de la femme nourrissent le bébé », a-t-il déclaré. « L’utérus n’est que la maison du bébé ».

Au-delà des fausses informations sur la santé, Omobolanle affirme que la maternité de substitution est courante au Nigeria c’est parce que la GPA « commerciale » y est légale.

Cependant, l’avocat Marvellous Igbineweka fait valoir que la loi nationale sur la santé de 2014 prévoit un cadre qui rend la maternité de substitution commerciale illégale. La loi interdit le don d’organes, de cellules ou de tissus humains à des fins monétaires, pour obtenir des gains ou réaliser un profit. Cette éminent juriste précise que la loi de 2003 sur les droits de l’enfant, l’article 13 de la loi sur l’application et l’administration de l’interdiction de la traite des personnes, ainsi que l’article 23 du Code de déontologie médicale du Nigeria peuvent être invoqués pour faire valoir l’illégalité de cette pratique.

Une autre avocate, Dogo Joy Njeb, souligne qu’il ne s’agissait que d’un argument. Elle affirme que « tout ce que la loi n’a pas explicitement criminalisé est légal » et ajoute que le Nigeria autorise ses citoyens à conclure des accords contractuels, dans le cadre desquels de nombreux arrangements de maternité de substitution ont lieu.

Ainsi, lorsque j’ai demandé à Omobolanle pourquoi je ne trouvais aucune information en ligne sur son agence, Regal Surrogate Services, afin de vérifier sa légitimité, elle m’a répondu qu’il s’agissait simplement d’un nom « qu’elle s’était donné ».

Complicité du gouvernement du Nigeria

L’agence de maternité de substitution d’Omobolanle n’est pas enregistrée, d’ailleurs aucune loi nigériane ne l’y oblige. Le Nigeria reste muet sur la pratique de la maternité de substitution, de sorte que la légalité de la maternité de substitution commerciale fait l’objet de débats.

Les députés de l’Assemblée nationale, chargés d’élaborer la législation du pays, ont tenté de faire adopter une loi, mais sans succès. Faute d’une majorité suffisante au sein de l’Assemblée, ni le projet de loi sur la création d’une autorité nigériane de procréation médicalement assistée en 2012, ni celui de 2015 sur la réglementation des techniques de procréation médicalement assistée n’ont pas été adoptés.

 

J’ai contacté Christiana Eguma, responsable de l’Unité technique sur l’égalité des sexes (Gender Technical Unit, GTU) à l’Assemblée nationale, au sujet de l’absence de projet de loi sur la maternité de substitution au Nigeria. Christiana est également coordinatrice de programme au sein de l’organisation « Women’s Rights Advancement & Protection Alternatives » (WRAPA). Elle a indiqué que la GTU allait intervenir et rédiger une note d’orientation visant à mettre en évidence les implications en matière d’égalité des sexes, d’éthique et de santé liées aux pratiques non réglementées de maternité de substitution.

 

Pourtant, par la suite, l’honorable Olamijuwonlo Alao-Akala, député représentant les circonscriptions d’Ogbomoso Nord, Sud et Oriire, a présenté un projet de loi portant création d’une Commission nationale de réglementation de la maternité de substitution (National Surrogacy Regulatory Commission Bill, 2024) afin de pallier l’absence de législation dans le pays. Le projet de loi a été adopté en deuxième lecture à la Chambre des représentants en octobre 2024. Il devrait permettre de contrôler et de rendre obligatoire l’enregistrement des agences de maternité de substitution, rendant ainsi cette pratique légale. Il interdira également toute compensation financière dans le cadre des accords de maternité de substitution (maternité de substitution commerciale). Cela signifie que les mères porteuses ne seraient pas rémunérées. Par conséquent, porter un enfant sans rémunération (maternité de substitution dit « altruiste ») deviendrait la norme.

 

Concernant la pertinence du projet de loi, l’honorable Olamijuwonlo a déclaré : « Il vise à réglementer et à évaluer la maternité de substitution au Nigeria, garantissant ainsi que les lois médicales et sanitaires ne soient pas bafouées ». Et ajouté: « Ce projet de loi me tient particulièrement à cœur, ainsi qu’à ma chère épouse et à de nombreux autres parents dont les enfants sont issus d’une maternité de substitution. »

« Je comprends tout à fait l’importance de ce mode alternatif de conception et de naissance pour les familles, en particulier dans notre monde en constante évolution. Je suis ravi de parrainer ce projet de loi, dans l’espoir que les futurs parents puissent connaître la joie d’être parents et bénéficier d’un cadre juridique clair et favorable ».

Par ailleurs, l’honorable Uchenna Okonkwo, représentant la circonscription fédérale d’Idemili Nord/Idemili Sud dans l’État d’Anambra, est l’auteur d’un projet de loi sur la maternité de substitution intitulé « Projet de loi visant à protéger la santé et le bien-être des femmes, notamment en matière de maternité de substitution et pour les questions connexes ». Ce projet de loi prévoit également de criminaliser la maternité de substitution « commerciale », tout en légitimant la maternité de substitution « altruiste ».

Cependant, dans notre échange d’e-mails, Olivia Maurel, qui est elle-même une femme née par maternité de substitution, dénonce le problème que posent de tels projets de loi.

« Nous ne devrions jamais faire de distinction entre la maternité de substitution à but lucratif et la maternité de substitution « altruiste », car il n’y a pas de différence entre les deux. Les deux reposent sur le même principe: utiliser le corps d’une femme pour satisfaire les désirs d’autres, souvent au détriment de sa propre santé, de son autonomie et de sa dignité ». 

De surcroît, les Nations unies recommandent que les pays éradiquent la maternité de substitution sous toutes ses formes, criminalisent les agences de et ceux qui la facilitent, annulent les contrats, mettent en place des stratégies d’accompagnement pour les mères porteuses et les considèrent comme les mères légales des bébés qu’elles portent.

J’ai contacté M. Olamijuwonlo via X (anciennement Twitter), WhatsApp et par e-mail au sujet du projet de loi qu’il parraine et de la norme internationale, mais il n’a pas souhaité faire de commentaires. J’ai ensuite pris contact avec M. Uchenna Okonkwo afin de discuter de son projet de loi sur la maternité de substitution. Le député m’a demandé de le rappeler dans deux heures, mais n’a pas répondu aux appels, SMS ou e-mails que je lui ai adressés par la suite.

Dans le même temps, Olivia met en garde: « si le Nigeria n’agit pas maintenant, il risque de devenir une plaque tournante d’un marché mondial qui traite le corps des femmes comme des outils et les enfants comme des produits ». 

Retour à la case départ

Tandis que Temitope poursuit son combat contre les séquelles de sa grossesse de substitution, les 1,3 million de nairas (soit 817,87 Euros au 2 Apr, 11:20 UTC) qu’elle a reçus pour avoir mis l’enfant au monde se sont épuisés en trois mois.

Elle a consacré la majeure partie de son argent à nourrir ses quatre enfants, à payer leurs frais de scolarité, à faire parvenir de l’argent à son mari en prison et à rembourser ses dettes.

Temitope présentant son ponmo à vendre. Source de la photo: DUBAWA.

N’ayant plus aucune ressource financière, Temitope vend désormais du ponmo séché (pièce de peau de vache locale), dans l’espoir de gagner suffisamment pour subvenir à ses besoins et prendre soin de ses enfants.

 

Lire le contrat de maternité de substitution de Temitope Afolabi

 

 

Enquête disponible en yoruba, en haoussa, et en anglais sur DUBAWA.
Documentaire YouTube.

Crédits rédactionnels/recherche:

  • Rédacteur en chef: Kemi Busari
  • Rédactrice en chef adjointe: Lois Ugbede
  • Rédacteur en chef adjointe: Ropo Sekoni

 

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