Le scandale des nouveau-nés bloqués en Ukraine … et ailleurs

Communiqué de presse

En Ukraine, comme l’ont révélé presse et média sociaux , des centaines de bébés sont bloqués en raison des mesures sanitaires contre la pandémie. Mais le coup de projecteur donné aux bébés nés de mères porteuses en Ukraine ne doit pas faire oublier tous ceux qui sont également retenus en Géorgie, aux Etats-Unis, en Inde et partout où la GPA est pratiquée

Il est clair que cette situation critique a été engendrée par des lois permissives en matière de maternité de substitution ainsi que par l’absence de contrôles publics sur ce type d’activité, que ce soit les cliniques, les juristes et les intermédiaires qui la pratiquent ou y contribuent. Cette crise est révélatrice des méfaits provoqués par le recours à la maternité de substitution, plus visibles encore à l’échelle transnationale.

Dès le début de la pandémie des initiatives féministes en Espagne ont alerté pouvoirs publics et organisations internationales. En Italie, une dizaine d’associations en ont appelé à leur ambassadeur en Ukraine tandis que, en tant que Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution , nous avons interpellé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Depuis,  le défenseur ukrainien des droits de l’enfant, Mykola Kuleba, a fait œuvre de vérité en déclarant que la maternité de substitution en Ukraine viole les droits des enfants et que la commercialisation et l’accès à un tel « service  » en Ukraine favorisent la vente incontrôlée d’enfants ukrainiens à l’étranger. |…]  Il estime que l’Ukraine est devenue une boutique internationale en ligne pour l’acquisition de bébés et reconnaît qu’ils ne savent pas combien d’enfants l’Ukraine «livre» de cette manière ».  Il a souligné qu’aucun État n’est obligé de « fournir » un enfant à une famille, en particulier à une famille étrangère, ajoutant que pour lui, la maternité de substitution relève de l’exploitation des femmes par le biais de rémunérations octroyées par des entreprises privées pour répondre aux besoins d’adultes. [1]

La commissaire aux droits humains du Parlement ukrainien, Liudmyla Denisova, reconnaît de son côté que l’État ne prend pas toutes les mesures appropriées pour protéger les droits et la dignité des enfants, tandis que l’Ukraine devient un pays fournisseur pour les étrangers, donnant naissance à des enfants dont elle ne peut contrôler le sort. Elle a en outre déclaré que la maternité de substitution en Ukraine est un problème qui nécessite une réponse globale et immédiate.[2]

On peut espérer que ces prises de conscience officielles conduiront à l’interdiction du recours à a maternité de substitution en Ukraine comme ce fut le cas dans d’autres pays qui, à la suite de scandales retentissants, en ont interdit la pratique.

Mais les images glaçantes venues d’Ukraine ne montrent qu’une infime partie du problème des enfants nés de mères porteuses. Car nulle part ces enfants ne sont protégés par l’Etat sur le territoire duquel ils sont nés. Partout, des solutions de fortune sont improvisées : mères porteuses qui accueillent les enfants dans leur propre famille, en attendant que les commanditaires les récupèrent;  cliniques qui s’improvisent pouponnières pour des enfants qui n’ont pas de papiers, pas d’assurance médicale ni de de statut.

La maternité de substitution commerciale relève de la vente d’enfant, selon la définition des Nations Unies : un enfant est donné pour de l’argent.

Les enfants, comme tous les êtres humains, ont le droit d’être protégés. Tout d’abord, contre le marché. Or, la maternité de substitution est un marché.

Est-ce « dans l’intérêt supérieur de l’enfant » que de laisser ces nouveau-nés aux mains de marchands ?

 

Contacts presse :
Marie Josèphe DEVILLERS. Co-présidente de la CIAMS – Coalition Internationale pour la Maternité de Substitution. Tél. 06 12 96 85 27

Ludivine BÉNARD. Tél 06 32 79 14 13

[1] https://www.ukrinform.net/rubric-society/3025949-childrens-ombudsman-proposes-banning-surrogacy-in-ukraine.html

 

[2] https://www.unian.info/kyiv/coronavirus-lockdowns-leave-46-surrogacy-infants-stranded-in-kyiv-hotel-news-kyiv-10995584.html

 

 

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