Critiquer et combattre la GPA (gestation pour autrui) vous range sans procès dans le camp du mal. Depuis quelques années, la plupart des médias français – publics comme privés – en font la promotion assidue à l’aide de publireportages et d’émissions complaisantes, des publications scientifiques soutenues par le CNRS citent la Bible comme preuve irréfutable de son ancienneté, censée la justifier et la légitimer, et la justice s’efforce d’ignorer les ventes d’enfants qu’elle s’empresse d’avaliser pour parachever les effets de contrats de GPA conclus ailleurs. Les quelques voix critiques qui sont encore audibles dans les médias sont soigneusement amalgamées et caricaturées comme incarnations de l’anti-progrès.
Les arguments critiques ne sont jamais écoutés, encore moins pris en considération, ni par les médias ni par la justice. Cependant, à l’origine de cet ouvrage se trouve bien la conviction profonde, nourrie par l’analyse de nombreuses situations de maternité de substitution et de contrats, que la GPA n’est pas un signe de progrès, mais celui du retour à la barbarie la plus réactionnaire, repeinte d’un technicisme tape-à-l’œil et affublée d’un ersatz de terminologie féministe qui sonne creux ; la conviction, exposée et étayée depuis quarante ans par d’autres avant nous, que la GPA est non seulement nuisible aux femmes et aux enfants, mais qu’elle érode à dessein le socle même des droits humains, à savoir la dignité, en installant comme seule priorité un supposé droit de faire commerce d’êtres humains.
La maternité de substitution (ou GPA) est une pratique sociale dans laquelle une femme qui ne souhaite pas devenir mère est amenée à porter une grossesse et à donner la vie à un enfant à la demande d’autres personnes, dans le but de le leur remettre, dès la naissance. Pour ce faire, elle est inséminée avec des embryons qui peuvent être obtenus avec ses propres ovocytes ou avec ceux d’une autre femme. Elle peut être payée – sous forme de rémunération, de dédommagement ou de récompense – ou, dans de très rares cas, ne pas recevoir d’argent. Mais quelle que soit la configuration dans laquelle l’embryon a été créé et quelle que soit l’entente financière, la mère « porteuse » subit des traitements hormonaux et de nombreux examens médicaux et gynécologiques, porte une grossesse et donne la vie à un enfant (qu’elle s’oblige à abandonner à la naissance) dans des conditions décidées exclusivement par les commanditaires, comme cela est clairement stipulé dans les contrats.

Per l’abolizione della maternità surrogata, 2022, Ortica Editrice
Towards the Abolition of Surrogate Motherhood, 2021, Spinifex
Ventres à louer, 2022, L’échappée Collection Frankenstein
¿Gestación subrogada?, 2023, Serendipia Editorial
Die neuen Gebärmaschinen, 2023, Brandes & Apsel
